Pourquoi les cimetières catholiques sont-ils entourés d’un mur ?

Pourquoi les cimetières catholiques sont-ils entourés d’un mur ?

Les cimetières sont des lieux mémoriels et sacrés. Un cimetière, c’est l’endroit où les personnes trépassées reposent. Compte tenu de la diversité des corps sociaux et professionnels, il existe des cimetières militaires, des cimetières civils, des cimetières catholiques, etc. La plupart du temps, les cimetières d’obédience catholique sont clôturés et bien gardés, alors qu’on peut voir d’autres cimetières sans clôtures. Comment les catholiques expliquent-ils alors le fait de clôturer leurs cimetières ? Voici ce qu’ils répondent. 

Pour protéger les corps

Les corps des personnes qui ont déjà franchi la porte du retour sont aussi sacrés que la vie humaine. Et pourtant, ils sont bien souvent exposés à des pratiques hallucinantes et affreusement répréhensibles. L’Eglise catholique estime qu’ils méritent d’être bien gardés.

Contre les trafics d’organes humains

Les murs construits autour des nécropoles catholiques ont été voulus pour éviter les trafics d’organes humains qui sont devenus monnaie courante, à une époque où le sous emploie tire la main des jeunes vers des pratiques interdites, telle que la vente des organes humains. Sans doute, la prolifération de telles pratiques odieuses exprime combien la perversité humaine peut aller jusqu’à toucher et détruire la dignité de l’homme et le respect dû aux défunts. 

C’est ainsi que de plus en plus, les cimetières reçoivent régulièrement la visite nocturne des trafiquants d’organes humains. Ils entrent dans le domaine des personnes fraîchement inhumées, ils ouvrent ou creusent sous les concessions, pour en extraire des organes pour la vente. Les catholiques considèrent cet acte comme une désacralisation extrême et une injure à la dignité humaine. Ils ont trouvé juste de mettre des murs autour de leurs cimetières pour mettre fin à la récréation et protéger les corps. Evidemment, quand la recherche effrénée de la fortune et du prestige a tant aveuglé les vivants et leur fait porter ainsi le sacre du sans vergogne, il faut protéger les défunts dont on salit si dédaigneusement la mémoire. 

Contre les chiens et les porcs

Les chiens et les animaux n’ont pas forcément le sens du sacré. Pour assouvir leur fringale, ils sont capables de se nourrir d’hommes. En suivant simplement la direction de l’odeur des choses pourries, ces animaux peuvent se retrouver dans les cimetières non clôturés et dans les tombes mal fermées pour se régaler. Quelle ignominie ! L’être humain que Dieu a tant valorisé (aux dires des catholiques) peut-il descendre jusqu’à ce rang, et servir de ration aux bêtes ? Les catholiques tiennent ce fait pour inadmissible. Ils entendent protéger les cimetières contre les chiens et porcs qui sont, au deuxième plan, des prédateurs têtus de corps humains. Comme tel, les murailles qui entourent les nécropoles catholiques ont été pensées à juste titre par les dirigeants catholiques pour barrer la route aux chiens et aux porcs.

Pour dissuader les meneurs de rituels nocturnes

Une personne décédée devient davantage un esprit. Cet esprit peut être manipulé pour le bien ou pour le mal, par des magiciens, des voyants, ou d’autres praticiens qui s’y connaissent. Ils peuvent par exemple :

  • Communiquer avec les défunts pour sonder l’avenir ;
  • Utiliser leurs esprits pour attirer la chance sur un client ;
  • Orienter les esprits des défunts contre un ennemi pour perturber sa tranquillité.

De fait, il est des gens capables de communiquer avec le monde intelligible, en captant mystérieusement l’esprit des morts. D’autres se font des clients en attirant sur eux la chance des autres concurrents, et ce, en faisant des rituels dans les cimetières. D’autres encore peuvent inciter l’esprit des défunts à se révolter contre une personne donnée. Pour en arriver à ces différents objectifs, ils ont besoin d’effectuer des sacrifices ou de dérouler des rituels au sein d’un cimetière. Pour d’autres, le sable venant de la tombe d’un défunt aura suffi pour résoudre une équation d’ordre spirituelle. C’est ainsi que les cimetières devenaient des esplanades de cultes occultes, des cultes sans scrupule et sans respect à l’égard des défunts gisant dans les tombes. 

La sensibilité des catholiques à la doctrine de la résurrection des morts et à celle de la communion des saints (les catholiques espèrent en la résurrection des morts et parlent de communion entre l’Eglise pérégrinante sur terre, l’Eglise souffrante en purgatoire et l’Eglise triomphante au paradis) ne leur permet pas de laisser continuer une telle dérive.  C’est ainsi qu’on a vu s’élever des murs autour des nécropoles catholiques, en vue de dissuader les sacrificateurs et les maîtres de rituels à s’approcher des cimetières. 

Pour des questions d’hygiène 

Le cimetière, c’est la maison de tous les défunts, quelle que soit la cause de leur décès. Ainsi retrouve-t-on dans les cimetières des corps ayant succombé à des maladies contagieuses. A défaut de s’éloigner, d’emménager pour rester loin des risques de contamination, les catholiques ont plutôt choisi de clôturer leurs cimetières pour empêcher les bactéries et les virus de s’élever et de se propager. Bien que cette solution puisse paraître quelque peu limitée par rapport au problème concret, elle n’est pas nulle ; dans la mesure où elle peut contribuer au ralentissement de la contagion

En dehors de la lutte contre la libre circulation des bactéries ou des germes de maladie provenant des cimetières, le vent (s’il devient fort) est capable d’emporter les résidus issus de la putréfaction jusqu’aux habitations. Et sans se douter de rien, les humains peuvent inhaler ou consommer des restes d’hommes. Pour empêcher ces risques de maladie, l’érection des murs sur le pourtour des nécropoles est une solution efficace. Il faut dire que les catholiques savent protéger la vie en prévenant les maladies

Localisation du lieu 

Des cimetières finissent par se perdre, surtout lorsque les tombes ne sont pas surmontées de pierres tombales ou de stèles. Les traces ou les marques des tombes peuvent disparaitre après de nombreuses années. Comme cela, de nouveaux  acquéreurs de terrain peuvent disposer de la terre, creuser pour construire, parce que ne sachant pas qu’ils sont dans un ancien cimetière. Il est alors important, surtout aux yeux des catholiques, de clôturer les cimetières pour éviter de profaner la mémoire des personnes disparues. Ces clôtures doivent être entretenues et maintenues à perpétuité. 

Autres articles

Déposez un commentaire

Votre adresse électronique ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués d'un *.